06/11/2009

1 Histwêre: lès Walons do Wisconsin dins lès 175.000 Bèljes qu' ont stî aus-ÛSA

Lempereur Françoise, Les Wallons d’Amérique du Nord, Gembloux, 1976

 

(p.9) INTRODUCTION

 

La lecture attentive d'une carte détaillée d'Amérique du Nord réserve bien des surprises : voici, au Canada, Namur et Courcelles au Québec ; le lac Namur et la Liège River dans l'Alberta ; voici aux États-Unis, Liège, Missouri ; Charleroi, Philippeviïle et Floreffe, Pennsylvanie ; Hennepin, Illinois et Minnesota ; Brussels, Walhain, Rosière, Champion, etc., au Wisconsin.

 

Sait-on que, selon Joseph Kadijk 1, « 175.000 Belges se sont établis aux États-Unis depuis 1820 » ? Le chiffre est moins élevé au Canada mais l'on peut affirmer sans crainte que l'Amérique du Nord est la région du monde qui compte le plus d'émigrés ou descendants d'émigrés belges.

 

Les mouvements de population vers le Nouveau Monde — que nous allons tenter de résumer ici — ont fait l'objet de plusieurs travaux ; citons en tout premier lieu, ceux d'Antoine De Smet et en particulier son article L'émigration belge aux États-Unis pendant le 19e siècle jusqu'à la guerre civile (biblio) ; l'étude de Francis Balace Le recrute­ment en Belgique pour les troupes fédérales, 1864-18652 et un chapitre du livre de Joseph Delmelle L'expansion wallonne hors d'Europe 3.

 

1.  Joseph kadijk, La contribution belge à la vie américaine de 1624 à nos jours, conférence donnée au Centre culturel belge de l'Université de Loyola à Chicago en 1963 et publiée le l" janvier 1964, dans Nouvelles de Belgique.

2.  Bruxelles, Center of American Studies, 1969.

3. (Gilly), Institut Jules Destrée, 1967.

 

 

(p.10) Les autres Wallons en Amérique du Nord, aux 19e et 20e siècles

 

Selon M. Mali, consul de Belgique à New York en 1850, on peut estimer à 1.300 le nombre de Belges vivant alors aux États-Unis. Déduction faite des Flamands, ce sont donc quelques centaines d'émigrés seulement qui, issus surtout de la paysannerie luxembour­geoise, ont tenté de fuir une situation par trop précaire dans nos régions, en cherchant en Amérique un travail plus rémunérateur.

 

Une étude menée en 1889 par Nicolas Gonner sur les Luxembourgeois (à la fois du Grand-Duché et de la province belge) 9 a permis de cerner cette première émigration importante vers le Nouveau Monde.

 

Au début du 19e siècle, on signale une petite colonie du Missouri, appelée Nouvelle-Liège, mais on en perd la trace dès 1833. En 1830, des gens de Guirsch, près d'Arlon, partent pour les États-Unis, bientôt suivis d'habitants de Fouches (Hachy), Messancy et Sélange. En 1834, quelques familles de Sampont (Hachy) s'établissent dans l'Ohio. Cet État et celui, voisin, du Michigan sont rapidement peuplés de plusieurs centaines de Luxembourgeois belges, la plupart de langue allemande. Vers 1840, des Luxembourgeois encore dans les États de New York, d'Iowa, Ilhnois, Wisconsin ; entre 1850 et 1860, dans le Minnesota, le Kentucky, l'Indiana. Ici, en 1840, un prêtre français avait acheté une grande étendue de terre, à 7 miles au nord de l'Ohio River ; trois ans plus tard, voulant lotir sa propriété, il y attire deux familles de Les Bulles (Florenville) qui y fondent une bourgade nommée Léopold ; d'autres colons provenant des cantons de Virton, d'Arlon, Florenville, Etalle et Neufchâteau, ne tardent pas à s'y fixer, de sorte qu'en 1880, Léopold compte environ 200 familles wallonnes.

A la différence des Brabançons et des Namurois, une fois en Améri­que, les Luxembourgeois ne cherchent pas à former de grandes colonies — les cas de Léopold et de Belgium sont assez exceptionnels — et il arrive qu'une famille ou un individu même s'établisse isolément.

L'exemple de Jean-Nicolas Perlot est révélateur de cet esprit d'indépendance des Ardennais : né à Herbeumont en 1823, il part à 22 ans chercher du travail à Paris ; il y vit chez un oncle quand, en

 

9. Nicolas gonner, Die Luxemburger in der neuen Welt (...), Dubuque, lowa, 1889, XIV-489 pp.             

 

(p.27) En 1858, Grandlez, bientôt suivie de Brussels, Namur, Rosière, etc., remet en vigueur l'ancienne kermesse du « vieux pays » : le dimanche de la ducasse, après la messe, deux orchestres (cornet, trombone, violon et clarinette) vont à la rencontre des fidèles et sur la place, les quadrilles se forment pour la « danse dèl poûssêre » ; les danses se succèdent toute la matinée et reprennent de plus belle le soir, après le traditionnel repas de fête (bouillon, tartes,...) auquel participent tous les parents et amis des villages voisins. Le lundi, jour des « vieux », les valses et quadrilles ne commencent qu'en fin d'après-midi, mais, dès 8 heures du matin, les festivités ont recommencé : les jeunes rivalisent en des luttes amicales, des courses à pied ou à cheval (le «carrousel»), s'essayent au jeu du drapeau, au mât de cocagne ; ils tentent d'attraper des cochons couverts de graisse, de décapiter une oie avec un fer de faux, etc.

 

Et quand résonne la chanson « Nous avons planté des canadas avec Marie Doudouye », reprise en chœur par les derniers buveurs de bière, la kermesse se termine... il est 5 ou 6 heures du matin.

 

D'autres coutumes ont repris racine ici : le grand feu du premier dimanche de Carême, la plantation du mai...

 

Les fléaux

 

Succession de périodes heureuses ou pénibles, les premières années des Wallons au Wisconsin furent marquées par trois fléaux : la maladie, la guerre et l'incendie.

 

Durant l'automne 1854, quasi chaque famille de pionniers accueillait avec joie un ou plusieurs parents du « vieux pays » ; les nouveaux arrivants, reçus avec enthousiasme, apportaient pourtant un terrible cadeau : les germes du choléra asiatique contre lequel soins et remèdes familiaux demeuraient impuissants. Contrairement à la tradition locale, il semble qu'il ne faille pas exagérer l'importance de l'épidémie : « 7 morts sur une population de 76 habitants » écrit en 1855 Ad. Poncelet, Consul de Belgique à Chicago, rapportant sa récente visite à Robinsonville.

 

Les pertes en vies humaines durant la Guerre Civile ou Guerre de Sécession (1861-1865) peuvent être estimées à 12.000 pour tout le territoire des États-Unis ; peu de Wallons toutefois, quelques dizaines

 

(p.41) (…) (savant mélange de pommes de terre et de chou-fleur, chou de Savoie — savôye — et arroche — aurôse —, le tout bouilli et arrosé de sauce au lard), des cougnous de Noël, des « galettes » de Nouvel An et surtout des fameuses tartes, connues dans tout le Wisconsin sous la dénomination Belgian pies (littéralement « tartes belges »). Aujour­d'hui très répandues (il m'est arrivé d'en manger cinq fois en une journée !), les tartes étaient autrefois mets de kermesse. La recette ? : pâte brisée — parfois levée — recouverte de riz, de pommes, de cassonade ou de « côrin » (compote de prunes) et, comme en Brabant wallon, garnie de « blanc stofè » (fromage blanc).

 

Signe des temps, le four de pierres est abandonné au profit de la cuisinière électrique et l'on fabrique des tartes aux cerises, aux « cawoûtes » (courges), à la pistache ou au citron... qu'on surgèle aussitôt après la cuisson. Le surgélateur est d'ailleurs présent dans chaque foyer : pâtisseries et pains cuits à la maison, légumes et fruits du jardin et surtout viandes, volailles et poissons y trouvent place. A la ferme, on abat périodiquement une bête, aussitôt découpée et gelée ; les volailles subissent le même sort et les poissons péchés l'été semblent bien meilleurs en automne.

 

La boisson nationale belge est, de part et d'autre de l'Atlantique, la bière. Au Wisconsin curieusement, elle n'est pas consommée au repas — nos cousins préfèrent alors l'eau ou le café — mais entre et après les repas. Les brasseries locales ont disparu avec les champs d'orge ; la dernière, fermant ses portes en 1965, vendait jusqu'alors des canettes à l'étiquette tricolore (noire, jaune et rouge) où l'on pouvait lire :

 

« Vive les Belges !»

« Green Bay »

 

Aujourd'hui, la bière vient de Milwaukee, ville située à 200 kilomètres au sud et connue pour ses brasseries d'origine allemande. C'est une bière transparente, très légère, que les cafetiers servent froide, presque glacée, dans de petits verres cylindriques. Pas chère — environ 7 FB le verre en 1975 — et digestible, elle... facilite les contacts humains... Scénario classique : un homme entre au « salon » (adapta­tion wallonne de l'américain « saloon ») ; il dépose sans compter une poignée de dollars sur le bar, commande une tournée générale, s'assied sur un tabouret et, s'accoudant au bar, engage la conversation (…).

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1 Histwêre: cârte do Wisconsin avou Green bay

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1 Histwêre: "The Belgian settlement" (Hjalmar Holand)

Lempereur Françoise, Les Wallons d’Amérique du Nord, Gembloux, 1976

 

 

(p.46) Les Wallons du Wisconsin : ardents et fidèles

 

‘Des Wallons du Namurois et du Brabant wallon émigrèrent après 1853 au Wisconsin. Pour y fonder des villages nouveaux : Walhain, Brussels, Namur, Grand-Leez, Rosière, Champion, A l' Misére en souvenir du Vieux Pays, et Luxemburg.

 

C'est en tête du chapitre XVI « The Belgian Settlement » de son livre « Old Peninsula Days » que Hjalmar Holand place en exergue ce quatrain.

 

« Where resounds the Belgian (1) tongue,

« Where Belgian (1) hymns and songs are sung ;

« This is the land, the land of lands,

« Where vows bind less than clasped hands ».

 

Et si nos l' riboutans è walon :

 

« Là èwou-ce  qu'on faît pèter l' walon, 

« Èwou-ce qu' on tchante sès vîyès tchansons ;

« C èst l' payis, l' payis dès payis

« Èwou-ce  qui l' linwe lôye mwins' qui deûs mwins djondûwes ».

 

(1)        Lisez «wallon » en lieu et place de « Belgian ». (sic)

NDLR : On voit ici l’intention de l’auteur du livre, Françoise Lempereur, d’effacer toute trace de patriotisme belge.

Le wallon est bien pour les Wallons du Wisconsin la langue belge, celle de leur patrie d’origine, la Belgique et non une « Wallonie » artificielle et inexistante pour ces Belges wallons partis au 19e siècle.

Vêrsion coridjîye / Version corrigée

 

« Là èwou-ce qu’ on faît résoner l’ langue bèlje,  (portant, ‘tongue’ = linwe)

« Èwou-ce qui lès-imes èt lès tchants bèljes sont tchantés ;

« C èst l' payis, l' payis dès payis,

«  Èwou-ce qui lès sèrimints lôyenut mwins’ qui deûs mwins djondûwes. »

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1 Histwêre: monumint aus preumîs Bèljes (Robinsonville-Champion) (Wisconsin)

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2 Jèyografîye / Geography: èwou-ce qui lès Bèljes walons ont stî d'mèrer / the Walloon Belgian settlements in Wisconsin

                                          2wisconsinRosiere

 

Lempereur Françoise, Les Wallons d’Amérique du Nord, Gembloux, 1976

 

(p.60) ANNEXE 1

 

Localités de Belgique d'où sont partis les émigrés établis au Wisconsin au 19e siècle.

Lès viladjes di Bèljike walone qui lès Walons do Wisconsin provègnenut.

Iache

Aische-en-Refail

Èrtchène

Archennes

Ôte-Glîje

Autre-Eglise

Bauvètchén

Beauvechain

Biè

Biez

Bounéfe

Boneffe

Bonlé

Bonlez

Godètchén

Bossut-Gottechain

Bovèsse

Bovesse

Tchausse

Chastre

Tchaumont

Chaumont-Gistoux

Côrwè

Corroy-le-Château

Côrwè-l'-Grand

Corroy-le-Grand

Daussoû

Daussoulx

Djon-l'-Mont

Dion-le-Mont

Djon-l'-Vau

Dion-le-Val

Dongbiè

Dongelberg

Inguèzéye

Éghezée

Émène

Émines

Èrnadje

Ernage

Grand-Lé

Grand-Leez

Djé-Djèrompont

Geest-Gérompont

Djiblou

Gembloux

Glëme

Glimes

Gré

Grez-Doiceau

Hame-Mële

Hamme-Mille

Henrèt

Hanret

Oupâye

Huppaye

Incout

Incourt

Djandrin

Jandrain

Djauce

Jauche

Djaucelète

Jauchelette

Djodogne

Jodoigne

Lautu

Lathuy

Sclûse

L'Écluse

Lièrnu

Liernu

Longuevële

Longueville

Lonzéye

Lonzée

Malêve

Malèves

Marîle

Marilles

Magne

Mehaigne

Mélin

Mélin

Meû

Meux

Sint-Andri

Mont-St-André

Nameur

Namur

Élèssëne

Neerheylissem

Nète

Nethen

Ni

Nil-St-Vincent

Nodèbay

Nodebais

Nodwé

Noduwez

Novîye

Noville-sur-Mehaigne

Élèssëgna

Opheylissem

Orbây

Orbais

Oû-l’-Grand

Orp-le-Grand

Okgnî

Ottignies

Pèrwé

Perwez

Pîtrin

Piétrain

Pèt’bây

Piétrebais

Rin.ne

Rhisnes

Rosêre

Rosière

au Roû

Roux-Miroir

Sauvenêre

Sauvenière

Sint-D'nis

Saint-Denis

Sint-Djrë

Saint-Géry

Sint-Mau

Saint-Marc

Sint-Maurtin

Saint-Martin

Sint-Sauveû

Saint-Sauveur

Timploû

Temploux

Torèbây

Thorembais-les-Béguines

Torèbây-Sint-Trond

Thorembais-St-Trond

Èl Grosse Tourëne

Tourinnes-la-Grosse

Tourëne-lès-Oûrdons

Tourinnes-Saint-Lambert

Vilé-lès-Ès' 

Villers-lez-Heest

Walin

Walhain-St-Paul

Warjou

Warisoulx

Séntrë

Zétrud-Lumay

 

 

 

Belgium, Ozaukee Co.

Definition: A community in Ozaukee Co. at latitude 432959N and longitude 0875101W

 

 

Namur, Door Co.

Definition: A community in Door Co. at latitude 444405N and longitude 0874012W

 

Luxemburg, Town of, Kewaunee Co.

Definition: A civil town in Kewaunee Co. at latitude 443256N and longitude

0874227W, created 14 Mar. 1883.

 

Champion, Brown Co.

Definition: A community in Brown Co.

at latitude 443521N and longitude 0874739W

 

Namur, Wisconsin

County of Door. Located in northeastern Wisconsin, this area contains the Nation's largest known concentration of Belgian-influenced farmsteads, other rural buildings, and landscapes features. Namur is a lively ethnic enclave where French (sic) is still spoken with a Walloon accent, and where the heritage of the area is evident in food and ethnic festivals. Although Belgian settlement of the area dates to the 1850s, most of the buildings were constructed after the great Peshtigo Fire of 1871.

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3 Langue walone au Wisconsin

Paquet Yves, L' abagadje dès Walons au Wisconsin, in : Li Chwès, 3, 2003

 

Li langue walone èmon lès cousins d’Amèrike

 

Mi soçon Roger Perron m' a mwin.né pa-t’t-avau lès Bèljes do Wisconsin.

 

Nos-avans stî po c'mincî èmon Mossieû Harry Chaudoir, li pére qu 'a ieû jusse 100 ans li 14 d'awous' 2003. Mossieû Chaudoir cause pus rade walon qu'i cause anglès. Èchone avou lès Draize, Harry Chaudoir èt l’ Roger, nos-avans passé l' après-non.ne à d’viser walon.

Dji v’neûve di fé l' conechance dè l' cope Draize-Lempereur qui dj’ vos va présinter. Yvan, 83 ans, a bouté come cinsî pwîs come élèctrizyin po r’fé lès radios èt tèlèvusions. Si père èsteûve cinsi èt aveûve studî jusqu'au quatyin.me Eve. I conecheûve one miète l' anglès mins causeûve surtout è walon avou Yvan. Sès vîys parints ont v’nu d’ Timploû èt quand dj' ètind causer l' Yvan, dj' ètind causer à môde dès viladjes do nôrd di Djiblou.

 

 

 

Paquet Yves, Nos  cousins  d' Amèrike, in : Li Chwès, 3, 2003

 

Li langue walone èmon lès Ferron, one famile Bèlje do Wisconsin

 

Maximilien Ferron, fis da Simon Feron èt da Julienne Mauyen, s’ a mârié è l’ èglîje d’ Ernadje, viladje di Djiblou, avou Marie-Thérèse Dupierreux, li fèye da Françwès Dupierreux èt da Marie-Josèf Loze.

Is ‘nn’ ont ‘nn’ alé  è l’ Amèrike è 1856 avou leûs chîs-èfants.

 

NB C’ è-st-au Wisconsin qui l’ nom /Feron/ a pris on 2me ‘r’.

 

Dès-ôtès familes ont v’nu d’ Golzine, Sombrèfe, Sauvenêre, Toûréne … èt abaguer èto dins ç’ cwane-là ètur Green Bay èt Sturgeon Bay.

 

Dins lès diskindants dès Feron, deûs fréres, Roger èt Dareeil, qui vikenut dins on p’tit viladje di 30 habitants pièrdu au mitan dès laudjès campagnes. Saquants maujones, one cimintiére, on cabarèt èt vo-lès-là totes.

 

Li famile Perron est pa-t’t-avau l’ viladje. Li maujone di drwète, c'è-st-onk di ses fis, adonpwîs l’ famile di Dareeil. Di l' ôte costé à l' gauche mwin, c'est lès maujones di deûs-ôtes di sès fis, pwîs, di l' ôte costé dè l' maîsse vôye, c' èst co todi l' raculot dès fis qui vike avou s' famile. Dareeil comprind l’ walon èt i l' cause assez bin on côp qu' i s' rimèt à l' causer saquants minutes, on vwèt qui l' langue lî r’vint. A l' place qui Calton, li pus djonne dès frés da Roger n' è l' sét causer : "Papa, m' dijeûve-t-i Roger, lî causeûve walon èt li rèspondeûve è l' anglès. Mins à nos-ôtes, Dareeil èt à mi, nos parints nos causin.n todi walon. Mi, dit-st-i Roger, dj' a st-apris l' anglès tot moussant è scole à 6 ans. "Do costé dès soûs da Roger, Mildird, 71 ans, comprind co l’ walon sins l' polu causer mins Lavian, 69, ans a marié on-Alemand èt n' comprind pus l’ langue di sès tayons.

 

Dins l’ parintéye, nolu nè l’ sét scrîre, po lès Ferrons come po causu tortos au Wisconsin, li walon è-st-one langue causéye mins nin scrîte.

 

Deûs dès-èfants da Roger, Gérard, 40 ans, èt Corlyn, 48, ans, conèchenut co saquants mots come : " bondjoû, bèrlik-bèrlok, qu' èst-ce qu’ i faît, nom di dju di tchinis', god’fèrdom, va-z-è cayî lès mayis’... ".

 

Lès p'tits èfants da Roger dijenut qu'is sont Bèljes sins dire platèzak qu'is sont Walons. Por zèls come pa-t’t-avau l’ Wisconsin, « li langue qui nos causans, leûs grand père èt mi, c'est do Bèlje ».

 

Danelle, one pitite bauchèle di 11 ans, vint co biacôps  è l' maujone di s' grand pére. Ele ni comprind nin l’ walon èt sét jusse dire : " Bondjoû ". Dj' a d'mandé aus p'tits èfants rachonés timps d' one rinchinchote s' is conechin.n co dès mots è bèlje.

Volà lès 7 mots qu'ont v’nu su l’ tauve do grand raploû qui l' famile faît on côp par mwès :

1) grosse saucisse

2) grosse pronne

3) bauje mi c...

4) ça va bin

5) c'est bia

6) bondjoû

7) nom di dju.

 

Su lès 7 pitits-èfants, d' one âdje qui va d' 16 à 28 ans, 6 èfants dijenut qu' il aurin.n di l'agrès po-z-aprinde li bèlje èt chûre dès coûrs. One pitite fèye da Roger, Katie, 18 ans, m' a priyî di v'nu djouwer au couyon, djeu qu' èlle î djoûwe tofêr è scole. (…) A Grand-Leez, qu' a stî lomé Lincoln dispû saquants-anéyes, nos-avans stî djouwer au couyon avou lès swèssantes ans èt montant* qui, piyâne-miyâne,  s' ont r’mètu à causer è bèlje avou mi. Nos-avans djouwé au couy­on èto au cabaret èmon Joe Smith tot d'visant walon.

 

* Dj' a r’lèvé dès mots bin da Roger et d' sès soçons do Wisconsin :

 

on vîy tchinis’         = on vîy ome ou one vîye façon.

dès kinikes               = dès boubounes, dès chocolats.

biacôps                    = sovint

spèler                       = mârker : ègzimpe: ci n'est nin spèlé l'min.me.

cauler                       = fé on tèlèfonadje.

bouter                      = mète ou stitchî.

(60 ans) èt montant  = (60 ans) èt d'pus.

supôsé                      = ratindu ou rèquis : par ègz­impe: i n' èst nin supôsé v’nu.

fé lès mitchots         = fé lès p'tits pwins.

one vagin.n              = one tchèrète à 4 roûwes.

fé adâner                  = po fé arèdjî.

corècter                    = po coridjî.

lès vîys parints,

mi vîye mârine        =  po lomer lès grands parints èt mârine.

mârs’                       = po lomer l’ saîson do bon timps ou prétimps.

Belgian pie            = dè l’ taute rascouviète.

 

Deûs ratoûrnûres rivègnenut sovint: "va-z-è cayî lès mayis" èt "bauje mi c…".

 

Deûs-ôtes m'ont choné bèles :

"li bûre a dwârmu tot seû" po dîre qu' il èst deur

èt:

"Elle a lâvé lès lokes à l’ bolante êwe, ça fàît qu' lès lokes ont rastrindu, c' èst po ça qu' on vwèt qu' on-z-èst si gros."

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3 Langue walone au Wisconsin

Paquet Yves, L' abagadje dès Walons au Wisconsin, in : Li Chwès, 3, 2003

 

Li langue walone èmon lès cousins d’Amèrike

 

Mi soçon Roger Perron m' a mwin.né pa-t’t-avau lès Bèljes do Wisconsin.

 

Nos-avans stî po c'mincî èmon Mossieû Harry Chaudoir, li pére qu 'a ieû jusse 100 ans li 14 d'awous' 2003. Mossieû Chaudoir cause pus rade walon qu'i cause anglès. Èchone avou lès Draize, Harry Chaudoir èt l’ Roger, nos-avans passé l' après-non.ne à d’viser walon.

Dji v’neûve di fé l' conechance dè l' cope Draize-Lempereur qui dj’ vos va présinter. Yvan, 83 ans, a bouté come cinsî pwîs come élèctrizyin po r’fé lès radios èt tèlèvusions. Si père èsteûve cinsi èt aveûve studî jusqu'au quatyin.me Eve. I conecheûve one miète l' anglès mins causeûve surtout è walon avou Yvan. Sès vîys parints ont v’nu d’ Timploû èt quand dj' ètind causer l' Yvan, dj' ètind causer à môde dès viladjes do nôrd di Djiblou.

 

 

 

Paquet Yves, Nos  cousins  d' Amèrike, in : Li Chwès, 3, 2003

 

Li langue walone èmon lès Ferron, one famile Bèlje do Wisconsin

 

Maximilien Ferron, fis da Simon Feron èt da Julienne Mauyen, s’ a mârié è l’ èglîje d’ Ernadje, viladje di Djiblou, avou Marie-Thérèse Dupierreux, li fèye da Françwès Dupierreux èt da Marie-Josèf Loze.

Is ‘nn’ ont ‘nn’ alé  è l’ Amèrike è 1856 avou leûs chîs-èfants.

 

NB C’ è-st-au Wisconsin qui l’ nom /Feron/ a pris on 2me ‘r’.

 

Dès-ôtès familes ont v’nu d’ Golzine, Sombrèfe, Sauvenêre, Toûréne … èt abaguer èto dins ç’ cwane-là ètur Green Bay èt Sturgeon Bay.

 

Dins lès diskindants dès Feron, deûs fréres, Roger èt Dareeil, qui vikenut dins on p’tit viladje di 30 habitants pièrdu au mitan dès laudjès campagnes. Saquants maujones, one cimintiére, on cabarèt èt vo-lès-là totes.

 

Li famile Perron est pa-t’t-avau l’ viladje. Li maujone di drwète, c'è-st-onk di ses fis, adonpwîs l’ famile di Dareeil. Di l' ôte costé à l' gauche mwin, c'est lès maujones di deûs-ôtes di sès fis, pwîs, di l' ôte costé dè l' maîsse vôye, c' èst co todi l' raculot dès fis qui vike avou s' famile. Dareeil comprind l’ walon èt i l' cause assez bin on côp qu' i s' rimèt à l' causer saquants minutes, on vwèt qui l' langue lî r’vint. A l' place qui Calton, li pus djonne dès frés da Roger n' è l' sét causer : "Papa, m' dijeûve-t-i Roger, lî causeûve walon èt li rèspondeûve è l' anglès. Mins à nos-ôtes, Dareeil èt à mi, nos parints nos causin.n todi walon. Mi, dit-st-i Roger, dj' a st-apris l' anglès tot moussant è scole à 6 ans. "Do costé dès soûs da Roger, Mildird, 71 ans, comprind co l’ walon sins l' polu causer mins Lavian, 69, ans a marié on-Alemand èt n' comprind pus l’ langue di sès tayons.

 

Dins l’ parintéye, nolu nè l’ sét scrîre, po lès Ferrons come po causu tortos au Wisconsin, li walon è-st-one langue causéye mins nin scrîte.

 

Deûs dès-èfants da Roger, Gérard, 40 ans, èt Corlyn, 48, ans, conèchenut co saquants mots come : " bondjoû, bèrlik-bèrlok, qu' èst-ce qu’ i faît, nom di dju di tchinis', god’fèrdom, va-z-è cayî lès mayis’... ".

 

Lès p'tits èfants da Roger dijenut qu'is sont Bèljes sins dire platèzak qu'is sont Walons. Por zèls come pa-t’t-avau l’ Wisconsin, « li langue qui nos causans, leûs grand père èt mi, c'est do Bèlje ».

 

Danelle, one pitite bauchèle di 11 ans, vint co biacôps  è l' maujone di s' grand pére. Ele ni comprind nin l’ walon èt sét jusse dire : " Bondjoû ". Dj' a d'mandé aus p'tits èfants rachonés timps d' one rinchinchote s' is conechin.n co dès mots è bèlje.

Volà lès 7 mots qu'ont v’nu su l’ tauve do grand raploû qui l' famile faît on côp par mwès :

1) grosse saucisse

2) grosse pronne

3) bauje mi c...

4) ça va bin

5) c'est bia

6) bondjoû

7) nom di dju.

 

Su lès 7 pitits-èfants, d' one âdje qui va d' 16 à 28 ans, 6 èfants dijenut qu' il aurin.n di l'agrès po-z-aprinde li bèlje èt chûre dès coûrs. One pitite fèye da Roger, Katie, 18 ans, m' a priyî di v'nu djouwer au couyon, djeu qu' èlle î djoûwe tofêr è scole. (…) A Grand-Leez, qu' a stî lomé Lincoln dispû saquants-anéyes, nos-avans stî djouwer au couyon avou lès swèssantes ans èt montant* qui, piyâne-miyâne,  s' ont r’mètu à causer è bèlje avou mi. Nos-avans djouwé au couy­on èto au cabaret èmon Joe Smith tot d'visant walon.

 

* Dj' a r’lèvé dès mots bin da Roger et d' sès soçons do Wisconsin :

 

on vîy tchinis’         = on vîy ome ou one vîye façon.

dès kinikes               = dès boubounes, dès chocolats.

biacôps                    = sovint

spèler                       = mârker : ègzimpe: ci n'est nin spèlé l'min.me.

cauler                       = fé on tèlèfonadje.

bouter                      = mète ou stitchî.

(60 ans) èt montant  = (60 ans) èt d'pus.

supôsé                      = ratindu ou rèquis : par ègz­impe: i n' èst nin supôsé v’nu.

fé lès mitchots         = fé lès p'tits pwins.

one vagin.n              = one tchèrète à 4 roûwes.

fé adâner                  = po fé arèdjî.

corècter                    = po coridjî.

lès vîys parints,

mi vîye mârine        =  po lomer lès grands parints èt mârine.

mârs’                       = po lomer l’ saîson do bon timps ou prétimps.

Belgian pie            = dè l’ taute rascouviète.

 

Deûs ratoûrnûres rivègnenut sovint: "va-z-è cayî lès mayis" èt "bauje mi c…".

 

Deûs-ôtes m'ont choné bèles :

"li bûre a dwârmu tot seû" po dîre qu' il èst deur

èt:

"Elle a lâvé lès lokes à l’ bolante êwe, ça fàît qu' lès lokes ont rastrindu, c' èst po ça qu' on vwèt qu' on-z-èst si gros."

10:42 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |